Article paru dans la presse de la manche vendredi 14 septembre 2007
Si Sanmina tousse, le bassin d'emploi s'enrhume
Les syndicats de l'usine Sanmina de Tourlaville appellent les élus locaux à signer une motion de soutien
à ce site dont l'avenir est menacé. Le message : si une entreprise de cette taille disparait, c'est tout le
bassin d'emploi qui va souffrir.
" Quand on demande à notre responsable européen les perspectives de l'usine Sanmina de Tourlaville,
il a bien du mal à nous répondre" Hier après midi, face au personnel réuni devant les grilles de l'usine
d'électronique, les syndicats avouaient qu'ils sont toujours dans le flou concernant l'avenir du site.
"On nous dit qu'il faut attendre les négociations sur les prix pour le contrat de Thales et qu'un groupe
américain ( Collin Rocwell ) doit venir visiter l'usine. Mais on ajoute que nous sommes cinq fois plus
chers que les Hongrois et dix fois plus chers que les Chinois sans que notre technologie soit
plus avancée" Bref l'horizon est toujours aussi obscurci.
Les représentants du personnel cherchent maintenant à obtenir un soutien massif de la population
et des élus locaux. Leurs message : si une entreprise comptant 300 personnes en contrat à durée
indéterminée mais aussi des dizaines de CDD et d'intérimaires , disparaît, c'est tout le bassin
d'emploi qui va souffrir. D'ailleurs , l'entreprise SEMHO symbolise bien cette situation.
" Nous sommes une douzaine de femmes à travailler en sous-traitance dans des locaux près
de Sanmina, parfois depuis de nombreuses années, pour le soudage et le montage de cartes
électroniques. On vient de nous annoncerqu'il n'y a du travail pour nous que jusqu'à la mi-Octobre"
Pour des intérimaires employés par SEMHO, le chômage pourrait même intervenir
dès la fin de cette
semaine!
"Et mon mari travaille chez Sanmina", soupire l'une de ces employés, particulièrement inquiète.
Les syndicats viennent donc d'envoyer un courrier à tous les maires ou réside au moins un salarié
de Sanmina, pour demander leur soutien.
"Nous leur proposons de voter une motion et de l'envoyer
au gouvernement"
Le 25 septembre , une délégation de salariés devrait même se rendre à la mairie de Tourlaville
pour s'assurer que cette motion sera bien votée en conseil municipal.
Par ailleurs, une manifestion est prévue mecredi prochain, les délégués ayant la ferme intention
d'interpeler les responsables de la métalurgie pour évoquer avec eux les problèmes de délocalisation
"Dans les ministères, cela a l'air de commencer à bouger", note un syndicaliste.
"Notre responsable européen devait ainsi être reçu par le cabinet de la ministre de l'économie.
Mais ce n'est qu'en renforçant la pression que l'on pourra s'opposer à un pillage industriel organisé"
Pour la presse de la manche : L.G.