Partager l'article ! Sanmina : « On nous prend pour des chiens »: Les salariés de Sanmina ont manifesté devant les grilles de leur entreprise hier. ...



« Ils veulent nous virer comme des chiens. Jusqu'ici, nous menions des actions tranquilles sans rien casser. Mais les gens en ont marre. S'ils poussent le bouchon trop loin, on ne pourra plus retenir nos gars. » Mercredi matin, Philippe Daireaux, représentant syndical élu au comité d'entreprise, était aux côtés des salariés de Sanmina aux grilles de l'entreprise. Après avoir appris que les négociations menées avec la direction du groupe, à Paris depuis mardi (1), n'avançaient pas, ils ont décidé de manifester leur colère.
« En décembre, nous avons accepté de continuer à livrer du matériel, avec la promesse de l'ouverture de négociations sur le volet social, poursuit Philippe Daireaux. On voit très vite, avec ce qui se passe à Paris, que rien n'est fait pour le plan de sauvegarde de l'emploi. Nous, on demande simplement de profiter de conditions identiques à celles qui ont prévalu lors de la fermeture du site de Grenoble, il y a deux ans. »
La poursuite des gardes
Les salariés tourlavillais, dont l'usine de fabrication de composés électronique doit fermer dans les mois qui suivent, estiment que leur direction « fait preuve de cynisme vis-à-vis de nous. Ils nous font à nouveau du chantage au dépôt de bilan, comme en décembre ». Pourtant, Philippe Daireaux explique que « certains clients n'ont pas intérêt à ce qu'on en arrive là. Comme Thalès, par exemple. Nous avons ici un de leurs bancs de test, une pièce unique, un prototype. Son prix n'est pas estimable. S'il y a dépôt de bilan, il est saisi et ils le perdent. »
C'est d'ailleurs parce qu'ils en connaissent la valeur, ainsi que du matériel produit, qu'ils poursuivent les gardes à l'entrée du site le week-end. La caravane installée pour l'occasion pendant les vacances de fin d'année sert toujours de refuge. « Nous les poursuivrons jusqu'à ce qu'on sache qu'on pourra partir dans de bonnes conditions. » Autre moyen de pression : en ralentissant la production et en bloquant les sorties de matériel, « nous bloquons les lignes d'Airbus de fabrication de l'A320 et de l'A380, ainsi que celles du Rafale ».
Les salariés, qui estiment s'être battus pour que Sanmina obtienne « les contrats Alcatel et Thalès » lors du rachat, veulent
aujourd'hui être traités « autrement que par du mépris. C'est Cherbourg qui s'est battu en faisant grève et en négociant pour les obtenir. Mais aujourd'hui,
Sanmina nous dit qu'ils engagent la même chose qu'ici en achetant une usine en Hongrie. Dans cinq ans, ils fermeront, exactement comme à Tourlaville. »
Gérald LEROUVREUR.
(1) Hier en début de soirée, représentants du personnel et direction de Sanmina, dont Ary Pilia, le n° 2 de Sanmina Corp., étaient toujours en négociation. Ils devaient se retrouver ce jeudi pour une nouvelle journée de discussions.
| Juin 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | ||||||||
| 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | ||||
| 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | ||||
| 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | ||||
| 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | |||||
|
||||||||||