« C'est lamentable. Nous, on n'est pas demandeurs. Le directeur exige que tous les élus soient présents au comité d'entreprise, et lui ne vient pas ! » Confusion hier matin à Sanmina.
À 8 h 45, tout le monde attend Jim Ferguson. C'est lui, le directeur écossais du site, qui doit annoncer le plan de cessation d'activité de l'usine aux représentants du personnel. Mais l'homme n'est pas là. Il ne viendra d'ailleurs pas, encore « choqué » par la façon dont les salariés l'avaient accueilli mardi dernier. On apprend qu'il a envoyé mercredi un courrier donnant délégation de pouvoir à Thierry Luchard, responsable des opérations sur le site.
À 9 h 15, pourtant, la séance du comité d'entreprise est ouverte, en présence du responsable des ressources humaines, Thierry Muller et de Thierry Luchard, le sous-directeur. Mais les choses tournent court. Les représentants syndicaux font voter deux points à l'ordre du jour.
Nouveau délai
Quand il s'agit d'évoquer le sujet voulu par la direction, ils se lèvent. Non sans faire une déclaration : « Le CE constate que le chef d'entreprise n'a pas daigné se déplacer pour présider une réunion où doit être évoqué l'avenir de la société et de ses salariés. Il déplore le mépris qui est ainsi manifesté à l'égard du personnel de Cherbourg et de ses représentants. Sur un sujet aussi crucial que la fermeture annoncée du site, le CE doit être présidé par Jim Ferguson qui a seul pouvoir d'engager l'entreprise, de prendre des décisions en son nom, et d'amender le projet au vu des propositions que le CE sera amené à exprimer au cours de ses consultations. »
La direction souhaite continuer, mais les salariés occupent la salle de réunion. Finalement, après plusieurs interruptions de séance, et des discussions entre les avocats, la séance est levée. Un nouveau rendez-vous est fixé jeudi 22 novembre.
« Pour des gens qui veulent aller vite, ils s'y prennent mal ! », ironise un salarié. Il va encore falloir attendre une semaine que le couperet tombe. « Nous, tout ce qu'on veut, c'est du travail. Nous savons très bien qu'il n'y a plus d'espoir avec Sanmina. On veut un plan social qui se tienne, et pourquoi pas un rachat de l'entreprise par Thalès, un de nos clients qui nous a toujours félicités pour notre travail. »
Thierry DUBILLOT.
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