Mesdames, Messieurs,
En 2002, la politique industrielle des grands groupes de l’industrie électronique avait pour objectif de se séparer de tous leurs sites de production. C’est ainsi
que nous avons été vendus par ALCATEL au sous-traitant américain SANMINA, tout comme deux autres usines européennes.
Toujours dans cette même logique, SANMINA a acheté des centres de production à HEWLETT PACKARD, NORTEL…
Ces ventes ont été présentées à l’époque comme une chance pour chacun de ces sites afin de pouvoir se diversifier et maintenir l’emploi dans les pays
respectifs.
Dans ce schéma, SANMINA Tourlaville devenait le pôle européen hyperfréquence pour le groupe.
Cinq ans après, nous constatons que trois sites SANMINA sur quatre ont été fermés en France : GRENOBLE, CHATEAUDUN et L’ISLE D’ABEAU. Dans le même temps, les
autres usines ALCATEL rachetées par SANMINA ont subi la même logique qu’en France avec la fermeture du site de TOLEDE en Espagne, et deux plans sociaux en Allemagne à GUNSENHAUSEN où les
effectifs sont passés de 600 à 150 personnes.
En parallèle, SANMINA a investi massivement dans des pays à bas coûts tels que la Chine, l’Inde et la Thaïlande afin de renforcer leur potentiel de
production.
C’est ainsi que la production des entreprises fermées a été transférée vers ces sites à bas coût.
Notre entreprise de Tourlaville a déjà subi des transferts importants de sa charge vers l’Asie et l’Europe de l’Est, ce qui rend légitime l’inquiétude des salariés
quant à la pérennité du site et de ses emplois.
Ce scénario s’applique aussi en Europe de l’Ouest et en France comme à Solectron, Flextronics, Jabil circuits et Celestica pour ne citer que ces quelques autres
groupes américains de sous-traitance électroniques.
Si, il y a quelques années, les pays émergents fabriquaient des produits à faible valeur ajoutée, nous constatons aujourd’hui que ces mêmes pays sont capables de
concevoir et fabriquer des produits de haute technologie tels que les nôtres à savoir des moyens de communications professionnels, des radars, …
Au rythme où vont les choses:
Quel travail restera t-il pour nous et les générations futures ?
Qu’adviendra t-il du financement des caisses de retraites et des différentes institutions ?
Devant ce pillage industriel organisé, nous demandons à Monsieur Sarkozy, Président de la République de concrétiser ses engagements de campagne
électorale en matière de délocalisation et d’exiger des donneurs d’ordres français du secteur de l’Armement , de l’aéronautique et des télécommunications, nos principaux clients, de maintenir et
d’amplifier leurs commandes sur le territoire national.
Nous comptons sur vous, nos élus et représentants de l’état, pour alerter les pouvoirs publics sur les conséquences sociales et économiques et
faire pression au niveau du gouvernement français et des institutions européennes afin qu’ils prennent des mesures efficaces.
Nous vous demandons Mesdames et Messieurs de vous engager à faire voter par vos conseils
municipaux une motion visant à soutenir la démarche des salariés de Sanmina pour maintenir tous les emplois sur le site de Tourlaville, et à faire signer la pétition par l’ensemble de vos
administrés.
Mardi 25 septembre le conseil municipal de la commune de Tourlaville à voté a l’unanimité la motion suivante :
Motion de soutien aux salariés de l’entreprise SANMINA
Suite aux déclarations de leurs dirigeants , les salariés de SANMINA sont très inquiets sur l’avenir proche de leur entreprise ils craignent jusqu'à la
fermeture.
Une telle mesure aurait des effets sociaux et économiques désastreux pour le bassin d’emploi de Cherbourg.
Le Conseil Municipal de Tourlaville
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soutient les salariés de SANMINA dans l’action qu’ils mènent pour maintenir l’activité de l’usine de Tourlaville
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et demande au Gouvernement, plus particulièrement au Ministre des Finances et de l’Industrie, de prendre des mesures urgentes et efficaces notamment en faisant
pression sur les donneurs d’ordre Français susceptible de leur assurer une charge de travail pérenne.