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Pour Claude Bébéar, refuser les délocalisations est égoïste
Articles / Social, économie et politique
Date: 28 Nov 2007
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Dans un point de vue à La
Tribune, le président de l'Institut Montaigne et ex-président fondateur du Groupe AXA vante les «conséquences
immensément positives» des délocalisations.
Pour M. Bébéar, les réfractaires aux délocalisations font preuve «d'une myopie totale quant [à leurs] conséquences immensément positives [...] pour l'avenir de la planète.» Et d'en
exposer les motifs : • des prix plus bas pour les consommateurs des pays développés (qui osent encore se plaindre de la faiblesse de leur pouvoir d'achat !) grâce à
des salaires et des «charges» beaucoup plus faibles qu'en France • une amélioration du niveau de vie des pays en voie de développement qui, au lieu d'être tributaires de la «charité» des
pays développés (source de corruption), créent des emplois puis deviennent acheteurs de produits à valeur ajoutée fabriqués chez nous • une réduction progressive des
déséquilibres Nord-Sud, meilleur moyen de lutter contre l'immigration clandestine massive et les conflits mondiaux. Lire
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«Délocaliser est un devoir pour les entreprises», dit-il. «Les pays riches veulent garder leurs emplois et se protéger d'une immigration incontrôlée. Cette position reflète un égoïsme
fondamental.» Nos chômeurs, altruistes malgré eux, apprécieront ! M. Bébéar oublie que la plupart des emplois délocalisés n'ont jamais été remplacés et que, pour des régions entières,
c'est une catastrophe économique et sociale.
Si l'on va jusqu'au bout du raisonnement de M. Bébéar, alors pourquoi notre société ne traite-t-elle pas mieux ses privés d'emploi que l'on sacrifie, non seulement sur l'autel de la
rentabilité, mais aussi pour résorber le déséquilibre Nord-Sud ? Au lieu de les stigmatiser, il faudrait les en récompenser !
Ce n'est pas la première fois que Claude
Bébéar donne dans le cynisme. En cela, il rivalise avec Laurence Parisot.
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par intersyndicale
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