Mardi 1 avril 2008

Article paru dans le Ouest-France le 1er avril 2008


Sanmina : « Le moment de tourner la page »

Une soixantaine de salariés de Sanmina se sont rassemblés devant les grilles de l'entreprise tandis que les négociations sur le plan de licenciement se poursuivaient à l'intérieur.
Une soixantaine de salariés de Sanmina se sont rassemblés devant les grilles de l'entreprise tandis que les négociations sur le plan de licenciement se poursuivaient à l'intérieur.

Sanmina : « Le moment de tourner la page »

Alors que le site s'apprête à fermer rapidement ses portes, une offre de reprise d'une partie de l'activité semblait se confirmer hier.

Peu après 14 h, le feu est mis à un entassement de palettes en bois et de pneumatiques. Petit à petit, des salariés se rassemblent devant les grilles de l'entreprise. On est à la veille de la date annoncée d'envoi des lettres de licenciement. Qui devraient arriver finalement un peu plus tard : les dernières négociations sur le volet social du plan ont pris du retard, les représentant de la direction n'étant arrivés que dans l'heure de midi hier.

Dans le rassemblement qui réunit une soixantaine de personnes, l'ambiance hésite entre résignation et colère. « Aujourd'hui, il reste entre 100 et 150 personnes sur le site, explique Jacques. C'est presque un sentiment de soulagement de voir que ça se termine. Le processus est en route depuis novembre, c'est le moment de tourner la page. C'est dur de voir les magasins, les étagères et les lignes de production qui se vident. On a le sentiment d'avoir été rachetés pour fermer l'entreprise. C'est difficile à accepter. »

« Je n'ai toujours rien trouvé »

Il est allé rapidement prendre contact avec la cellule de reclassement, chargée d'aider les salariés à retrouver un emploi. « J'ai laissé un CV. Mais je cherche par moi-même en prenant des premiers contacts. Aujourd'hui, avec 19 ans dans l'entreprise et quatre métiers exercés ici, je n'ai toujours rien trouvé. Il reste la ré-industrialisation. Mais ça concernerait du service après-vente. Ce n'est pas mon secteur. » Jeudi dernier, une réunion s'est tenue en préfecture, en présence du député maire Bernard Cazeneuve. Des contacts poussés en cours entre un industriel français du secteur de l'électronique et Sanmina y ont été évoqués. Ce que confirmait hier soir Lionel Guillard, élu syndical. « Il pourrait y avoir une signature rapide, peut-être ce mardi, entre Alcatel et cet industriel, les locaux étant loués par Sanmina. Cela donnerait du travail à 50 à 60 personnes. »

Un peu plus loin dans le rassemblement, Jacky évoquait ses 34 années passées dans l'entreprise. Hier, il faisait partie de ceux présents en tenue « civile », les autres étant là blouse blanche sur le dos. « Je suis en disponibilité. Je n'ai pas encore pris contact avec la cellule de reclassement. Je crois que celui qui trouve du boulot, c'est par lui-même. » Denis, à ses côtés, remarque « que nous sommes dans un secteur où il y a du travail. Si Sanmina avait voulu, il y avait moyen de ne pas fermer. »

Hier, les négociations devaient se poursuivre tard dans la soirée. « Depuis ce lundi midi, on s'est attachés à démontrer que l'argumentaire économique de Sanmina ne tenait pas. Et qu'on est face à un modèle bien rôdé, qui leur a permis de déjà fermer trois sites en France. » Le volet social devait être négocié jusque tard dans la soirée. « Les lettres de licenciement seront envoyées ce mercredi. Seuls 27 salariés ne la recevront pas tout de suite, le temps de solder les affaires et de fermer. »

Lionel Guillard notait qu'un camion tchèque attendait déjà sur le parking pour déménager le matériel.

Ouest-France

par intersyndicale
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